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l’expérience

Mon expérience en République Dominicaine ( 2003 )

Ce dont je me souviens !

Dimanche, le 20 avril 2003

 

A l’école, le port du costume et de souliers sont obligatoires. Cela coûte de l’argent aux parents et une question qui est demeurée sans réponse m’est venue en tête : «Comment ces parents défraient-ils les coûts du matériel scolaire et de l’habillement ?» Les enfants que j’ai vu avaient entre 1 et 13 ans. Je leur ai demandé, par l’intermédiaire d’accompagnateurs bilingues, de signer notre drap blanc. J’ai alors remarqué que la plupart des jeunes en âge d’écrire ne savaient pas comment écrire leur nom. Un jeune plus "dégourdi" avait pris le crayon et écrit, en s’appliquant, le nom de ceux et celles qui n’étaient pas capables de le faire. J’ai demandé aux jeunes s’ ils allaient à l’école et en toute franchise, la majorité a répondu ; "oui". En continuant à me promener dans ce lieu, j’ai vu une petite école standard construite par le gouvernement. Comme toutes les autres, elle était entourée d’une clôture. C’était l’école primaire de la place qui ne contenait que trois classes.

 

Lundi, 21 avril 2003

En arrivant à l’école élémentaire de Consuelo, Divina Providencia, vers la fin de la récréation de 30 minutes, j’ai observé les jeunes en uniforme s’amuser sur l’immense terrain gazonné. L’école ressemblait à celle de la veille, mais en beaucoup plus grande. En attendant la fin de la récréation, j’ai demandé à Miguel, un ami habitant la ville, pourquoi il y avait si peu d’élèves et pourquoi certains enfants erraient (sans leur costume) dans les alentours. Sa réponse fut brève. Étant donné que la semaine précédente était une semaine de congé et qu’aujourd’hui il pleuvait, les jeunes ne venaient pas à l’école parce que ça ne leur tentait tout simplement pas. Immédiatement, j’ai comparé cette situation à la nôtre ici au Québec. Là-bas, l’école n’est pas obligatoire. Quand j’ai entendu la cloche de la fin de la pause, je n’ai pas vu les élèves se presser pour entrer. Miguel m’a expliqué que les retards ne sont pas sanctionnés et que même s’ils l’étaient, les punitions n’étaient pas sévères.

 

Je suis entrée à l’intérieur pour visiter. Les classes étaient fermées, mais les corridors n’avaient pas de murs. Je suis entrée dans quelques classes et j’ai échangé avec les professeurs pendant que les élèves chantaient des chansons pour nous accueillir. J’ai parlé à une professeure d’anglais dont le vocabulaire restreint et la prononciation déformée entravaient ma compréhension. En plus c’est la seule ressource d’anglais qu’ils ont ! Elle m’a appris que pour devenir professeur au primaire, il fallait ,après avoir complété son primaire et son secondaire, aller 2 ans à l’école spécialisée dans la formation des professeurs. Pour devenir enseignante au secondaire, il fallait aller à l’université, ce qu’elle faisait. Une journée complète, le samedi, elle allait à l’université de San Pedro de Marcorix pour obtenir son diplôme en enseignement secondaire. Ce ne sont pas tous les enfants de la ville qui vont à l’école, pour les mêmes raisons que dans les bateys, mais les gens semblent savoir que c’est important; je dis bien "semblent"...

Mardi 22 avril 2003

J’ai passé une journée complète a Las payas, un batey situé a 30 minutes de Consuelo. Le matin, j’ai visité une salle de classe mais pas dans une école; c’était une classe improvisée où les gens se rendaient chaque jour. Elle était subventionnée par le gouvernement. Parce que tu sais, toutes les écoles sont construites de la même manière là-bas: couleur jaune, entouré de clôtures. Le professeur qui y enseigne, Elvio ñeo, ne possède pas de permis d’enseignement. Il donne bénévolement des cours aux élèves en difficultés, et des cours réguliers aux adultes et adolescents qui ne savent ni lire, ni écrire. Son enseignement semblait efficace car la plupart des élèves de l’école assistaient a son cours. Il enseigne le calcul, la lecture, l’écriture et l’histoire de la République Dominicaine. En fin d’après-midi, (bout qui a rapport avec le rouge dans l’autre fichier) je suis allée visiter l’école primaire du gouvernement. Je m’attendais à voir des enseignants devant leurs élèves leur montrant de nouvelles notions (comme ici) . Mais à ma grande surprise, 2 professeurs des classes avoisinantes bavardaient à l’extérieur... La classe que j’ai vue n’était pas pleine. Il y avait une quinzaine d’élèves qui ne semblaient pas travailler. Je me suis informée auprès de l’enseignante. Elle m’a expliqué que les élèves devaient faire une recherche... mais après un bref coup d’oeil, j’ai constaté l’absence d’ouvrages de références...

Voilà mes souvenirs en ce qui concerne l’éducation pendant mon expérience en République Dominicaine 2003. Claudine

comprendre

Le contexte et le pourquoi:

La majorité des communautés rurales en République Dominicaine n’ont pas accès aux services de santé de base, d’énergie, d’assainissement et d’eau potable. Les communautés bénéficiaires du projet rencontrent actuellement de graves problèmes dus aux sources d’eau potable contaminées, ce qui a des conséquences sur la santé, surtout chez les enfants de moins de cinq ans, les plus vulnérables.

L’agriculture est la principale activité, suivie de l’élevage extensif qui est aux mains d’un petit nombre de propriétaires. La majorité de la population rurale, aux revenus précaires, vit de l’agriculture de subsistance. Le milieu ambiant est composé de forêts sous tropicales humides, le sol y est acide, mal drainé et le relief est vallonné.  

Dans ce contexte, on observe les problèmes suivants :

Des moyens (humains et financiers) et des capacités d’intervention limités de la part des acteurs locaux en termes de gestion des dysfonctionnements agricoles et environnementaux.

La faible participation des familles les plus défavorisées dans l’amélioration de leurs conditions de vie.

L’insuffisance des moyens financiers et techniques nécessaires pour diffuser des techniques agricoles compatibles avec une approche de développement durable. 

Ce constat impose les orientations suivantes pour le présent projet :

La nécessité d’accorder une attention particulière au travail de proximité, de mobilisation et d’appui à la structuration des initiatives de base au service du développement, spécialement dans les contextes de précarité et de survie.

La nécessité d’appuyer et d’accompagner les initiatives des communautés locales, qui peuvent jouer un rôle d’intermédiation sociale.

La nécessité de considérer la communauté locale comme un lieu stratégique de changement et les structures locales comme acteurs de changements qui doivent communiquer et se concerter pour améliorer leur niveau de vie.

Enjeux et objectifs

Objectif général: Améliorer les conditions de vie des populations défavorisées, notamment les conditions environnementales, à travers l’appui aux dynamiques locales.

Objectifs spécifiques :

Renforcer les capacités des acteurs locaux en matière de mise en œuvre d’activités agricoles et d’amélioration de l’environnement.

Appuyer les dynamiques de développement local à l’échelle des communautés concernées, impliquant les associations locales et les populations.

Durée de réalisation : 1 ans, à partir de septembre 2003

Partenaire : Collège Jean-Eudes

Localisation : la communautés rurale (Bataye) 1h de Consuelo, dans l’est du pays, où vivent 1500 familles (soit environ 2100 personnes)

 

 

 

Aujourd’hui, j’ai visité un bateye près de Consuelo en compagnie d’amis connaissant la région. Sans entrer dans les détails, un bateye, c’est un petit village très pauvre qui n’a pas d’eau et pas d’électricité.

 

En général, les habitants sont majoritairement haïtiens et tirent leur maigre revenu en travaillant sans relâche dans un champs de canne à sucre situé à proximité. Dans ce bateye, les adultes n’avaient pas d’emplois dans le champs, car le gouvernement avait arrêté d’y faire couper les cannes.

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